lundi 14 septembre 2009

LUTTE BIOLOGIQUE CONTRE LA CICADELLE BLANCHE

Joseph GONZALES, bien connu sur la commune pour ses compétences dans tout ce qui touche à l'environnement et au développement durable, nous communique une information très intéressante et qui nous concerne tous :

"Avertissement
Bien que majoritairement rédigé à partir de documents de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (FREDEC), ce document n’engage que la responsabilité de son auteur.

Depuis le mois d’avril, dans nos jardins mais aussi dans les espaces communaux, de très nombreuses tiges de plantes sont partiellement recouvertes d’un manchon d’aspect laineux. Sur ces manchons on peut apercevoir des « pucerons laineux » capables de sauter quand ils sont dérangés. A partir de mi-juillet ce sont des sortes de petites cigales blanches qui apparaissent, il s’agit du stade adulte de l’insecte alors capable de voler.

Identité de l’insecte :
- nom : Metcalfa pruinosa
- noms vulgaires : cicadelle blanche – cicadelle pruineuse – flatide pruineux, et puceron laineux (pour le stade larvaire).
- cycle de vie :
o ponte des œufs sous l’écorce des arbres de juillet à octobre
o éclosion des œufs de mi-avril à mi-octobre
o larves (5 stades) de mai à octobre
o adultes de juillet à novembre

Contrairement aux apparences Metcalfa pruinosa n’appartient pas à la famille des Cicadelles mais à celle des Flatides. En toute rigueur on ne devrait employer que le terme de metcalfa.
La confusion entre les termes cicadelle et metcalfa peut être nuisible dans le cas de lutte chimique. (voir § lutte chimique)

Origine : Amérique du nord et introduction accidentelle en Italie en 1976, en France en 1985

Prédateurs : En Amérique, il existe un prédateur exclusif de metcalfa ; c’est un hyménoptère : Neodryinus typhlocybae
Avant 1996 (date de l’introduction du prédateur par l’Inra d’Antibes) il n’y avait pas de prédateur spécifique de metcalfa en Europe, ce qui explique son extension (environ 3 km par an) Mode de prédation de neodryinus : au stade larvaire, il s’attaque à la larve de metcalfa, soit en s’en nourrissant, soit en pondant ses œufs sur la larve.

Risques
- quelles sont les plantes atteintes : On admet couramment qu’au moins 400 plantes différentes peuvent être attaquées (toutes espèces, sauf les résineux).
- quelles sont les situations les plus exposées : comme tous les insectes piqueurs et suceurs, metcalfa affectionne les lieux à la fois chauds et humides (au niveau des parties poussantes car riches en sève)
- dégâts : Dans les jardins, metcalfa peut provoquer la mortalité des plantes en cas de très forte pullulation ; sa présence déprécie fortement l’aspect visuel des plantes en les affaiblissant. Pour les cultures, metcalfa peut causer des dégâts à cause des dépôts de miellat qu’il excrète et sur lequel se développe un champignon noirâtre (fumagine) qui peut provoquer la chute des feuilles.

Stratégie de lutte :
Les produits chimiques : En l’absence de dégâts autres que visuels on pourrait dire que le plus grand risque en relation avec la présence de metcalfa est une lutte chimique non contrôlée, en effet, la réaction « normale » d’un particulier en présence d’un grand nombre de ces insectes, et en l’absence de toute information, sera d’aller dans un centre jardinier et de revenir avec un produit chimique plus ou moins adapté à la situation. Les produits disponibles n’étant pas sélectifs, ce sont tous les insectes utiles ou non qui seront touchés (abeilles, coccinelles, chrysopes,…), diminuant de fait les capacités de résistance aux prédateurs du lieu traité. C’est pourquoi la FREDEC préconise pour les particuliers et les collectivités exclusivement la lutte biologique, seules les pépinières doivent, dans certains cas, combiner la lutte chimique avec la lutte biologique.

La confusion, des termes cicadelle et metcalfa, a l’inconvénient, dans le cas de lutte chimique, d’inciter à utiliser un produit contre les cicadelles alors que le ministère de l’agriculture préconise dans le cas de lutte chimique, que le terme Metcalfa pruinosa soit inscrit sur le produit préconisé. Le principe actif du produit doit être la bifenthrine.
Catalogue des pesticides homologués en France : http://e-phy.agriculture.gouv.fr

La FREDEC et la lutte biologique

- Stratégie de la lutte biologique :
o inventaire des sites touchés et appréciation de l’intensité de la présence de metcalfa– repérage de sites propices - ceci peut être fait jusqu’en septembre, ce repérage pourra être complété l’année suivante par la recherche de traces de mues
o Mise en places de nids de neodryinus : Pour être efficace le réseau d’introduction de neodryinus doit être constitué d’un maillage d’environ 500 m de coté.

- Ce que l’on peut en attendre : dans les conditions définies ci-dessus on peut atteindre une zone d’extension de neodryinus de 500 mètres en 4 à 5 ans et donc avoir bouclé le maillage dans cette période. L’équilibre biologique entre les deux espèces étant atteint en 5 à 10 ans. L’objectif étant de réguler la prolifération de metcalfa sans utiliser de pesticides.

- Les pratiques pouvant diminuer l’efficacité de la lutte biologique :
o utilisation d’insecticides dans la zone d’extension de neodryinus
o introduction non contrôlée de neodryinus favorisant le développement de certains de ses propres prédateurs

Qu’est ce que l’on peut faire
- Ne pas utiliser de produits chimiques
- La lutte biologique peut s’appuyer sur : les particuliers et les collectivités.
Pour les particuliers : participer au recensement des zones atteintes, procéder dans certaines conditions clairement définies (zones protégées) avec la FREDEC à l’introduction de neodryinus à partir de mars 2010 – date d’apparition des premières larves de metcalfa (coût approximatif : 100 à 200 euros), la difficulté dans ce cas consiste à trouver assez de particuliers régulièrement espacés pour constituer le maillage de 500 mètres. Cette limitation montre la nécessité d’une lutte au niveau communal ou intercommunal.

Pour les collectivités : participer au recensement des zones atteintes - travailler avec la FREDEC sur une stratégie communale, et conclure un accord courant décembre 2009 en vue de l’implantation de neodryinus à partir de mars 2010.
Ce travail doit s’accompagner de la mise en place d’information auprès des habitants.

Dans le cadre de cette action, la FREDEC a envoyé, courant juillet un communiqué de presse aux communes travaillant déjà avec elle (sur les chenilles processionnaires, par exemple) pour les sensibiliser à la présence de metcalfa et à l’intérêt de la lutte biologique au niveau communal.

Sources :
- FREDEC – www.fredec-mp.com
o Metcalfa pruinosa – programme de lutte biologique
o Metcalfa pruinosa – pépinières – lutte obligatoire
- Blog : http://chant-alouette.over-blog.com
o Metcalfa pruinosa - Cicadelle-blanche - http://chant-alouette.over-blog.com/article-33753355.html
- Wikipedia – Cicadelle blanche

Rédacteur : Joseph GONZALES - Date : 19 Août 2009"

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je viens de découvrir vottre site, car je cherchais des infos sur la cicadelle blanche. Mon jardin subit une attaque de cet insecte depuis 2 ans. J'habite à vaulx en velin,dans le rhône. Demain je vais prèvenir ma mairie.

jack a dit…

Bonjour, je vois que certaines communes dont la vôtre et le grand Toulouse s'inscrivent dans une démarche positive, ce n'est malheureusement pas le cas de beaucoup d'autres communes et particulièrement la mienne de Caussade dans le Tarn et Garonne. J'ai un jardin dans le coeur historique et depuis maintenant 3 ans je connais cette invasion de Metcalfa. J'ai donc l'an dernier fait une recherche et je suis tombé sur la FREDEC qui incitait les communes à adhérer au programme biologique. J'ai ensuite contacté le service espace vert de ma commune qui m'a avoué ne pas avoir envisagé d'action. Même scénario cette année. Je me demande donc comment faire pour inciter ma commune à réagir positivement? N'y a t il pas d'obligation au niveau des zones infestées ? Je reste persuadé que seule une action groupée peut avoir des résultats globaux et il ne sert à rien pour un particulier seul de s'engager dans ce processus. Je ne veux pas utiliser les produits phyto (plans de tomate voisins et eux aussi sont attaqués) et j'en suis réduit à arroser copieusement les zones atteintes pour noyer Metcalfa ... cela marche bien pour les seules zones traitées mais à quel prix … et comment faire pour traiter en hauteur les arbres Tilleul, Orme qui sont eux aussi infesté et menacés. Je reste donc persuadé que seul le traitement par introduction de Néodrinus est efficace à long terme. Merci de m'indiquer un moyen pour contraindre ma commune à mettre en place un programme.
Bien cordialement,
Jack HENRY